Best of PSG : Histoire des Boulogne Boys 85



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Il
est battu par les flots mais ne sombre pas. Devise de la Ville
de Paris, celle-ci peut également s’appliquer à
l’un des nombreux groupes de supporters du club de la capitale,
les Boulogne Boys 85. Véritable vaisseau amiral du
paysage des tribunes parisiennes, les Boys voguent contre
vents et marées ; ils ont acquis une aura incontestée
et incontestable auprès des autres supporters de Paris
ou d’ailleurs.
Si aujourd’hui, le club parisien peut compter sur l’appui
inconditionnel d’une quinzaine de groupes ou associations,
cette abondance est somme toute relativement récente.
Jusqu’à l’ère Canal +, les Boys ont occupé
une position hégémonique, tant au niveau local
que nationale. Et même si cette prolifération
à quelque peu entamé leur potentiel, la simple
évocation du nom de Boulogne Boys incite à la
reconnaissance et au respect.
8 juin 1985, l’équipe des Fernandez, Rocheteau, Toko
et autre Susic dispute sa troisième finale de coupe
de France face à Monaco. Malgré la défaite,
ce jour est marqué d’une pierre blanche pour le Kop
de Boulogne, tribunes de ralliement des inconditionnels du
PSG. Grâce au mécénat, plus ou moins forcé,
de la SNCF, une voile concrétise la naissance des Boulogne
boys. Avec un objectif déclaré, introduire un
zeste de culture transalpine dans une tribune traditionnellement
inspirée par les fans de la perfide Albion. La légende
peut prendre forme…
Sous l’impulsion de son créateur, Franck Delobel, alias
« dieu », les boys endossent un caractère solennel,
devenant une association loi 1901. Parallèlement à
cette officialisation, ils développent un particularisme
lié en grande partie au prestige du groupe. Des groupes
tels que les Gavroches, les Lutece falco ou les Rangers ont
tout été fondés par d’anciens membres
des boys.
Bien que le premier titre de champion de France décroché
par les troupes de Borelli n’ait pas eu les effets escomptés,
la motivation du groupe n’est en rien altérée
par ses prestations médiocres. À plusieurs reprises,
les boys illuminent l’enceinte du PSG. L’utilisation pléthorique
de fumigènes ou la première d’une grande voile
dans un stade français contribuent à installer
les boys sur un piédestal. C’est ainsi que le slogan
de cette fameuse voile,  » notre histoire deviendra légende »,
est devenu à lieu commun auprès de nombreux
supporters français. Paris avait des fans, dorénavant
elle aussi ses ultra. Tout comme leurs modèles italiens,
les boys s’affirment comme des grands dévoreurs de
bitume. Par amour du club, ils n’hésitent pas à
parcourir les milliers de kilomètres et à accrocher
leur banderole, tel un oriflamme, sur les différents
stades de France et d’Europe. La réputation de l’association
est alors à son zénith. Les liens amicaux noués
avec la Fossa dei Leoni, le principal groupe de supporters
du Milan AC, confèrent aux Boulogne Boys la reconnaissance
des pairs fondateurs et une renommée internationale.

Pourtant,
la bonne étoile qui semblait éclairer
la bonne marche du groupe va peu à peu s’éclipser,
allant jusqu’à remettre en cause la pérennité
de l’association. Prenant une part active à la
prise de pouvoir de l’équipe dirigeante menée
par Canal + (avril 1991 : manifestation spontanée
du Kop lors de PSG / AS Monaco ; grève pour PSG
/ Toulouse), les Boys ne sont pas récompensés
comme il se doit de leur fidélité au maillot
rouge et bleu.
Par la suite, la multiplication des incidents, au parc
comme a l’extérieur, l’intensification des pressions
et interdictions de toutes horizons, la décomposition
du Kop conduisent le groupe à ne plus afficher
ses couleurs pendant quelques temps.
Pire, « dieu » offre à ses disciples
un amer héritage. En effet, le fondateur du groupe
lègue à ses successeurs un lourd déficit,
emportant avec lui quelques souvenirs de sa présidence,
comme par exemple la caisse. La passation de pouvoir
et loin de se faire dans la douceur, les nouveaux dirigeants
doivent s’atteler à remonter la pente.
Au prix de nombreux efforts et sacrifices de son équipage,
le navire « Boys » refait surface pour de nouveaux
périples. Malgré les contraintes engendrées
par la sectorisation du Kop, ils reprennent du poil
de la bête, animant avec la collaboration active
des Rangers le Boulogne rénové. Et les
remous passés n’ont aucunement terni la tradition
revendicatrice des Boys. Même si elle leur cause
parfois quelques problèmes, ils restent profondément
attaché à cette liberté d’expression.
Le changement de logo ou de maillot, les travaux du
Kop, les craintes du départ pour Saint Denis
sont autant d’occasion de « Dies Irae » pour
le groupe.
À des années-lumière de l’obscure
réputation que certaines personnes se délectent
à propager, les Boys feront vibrer le parc pour
encore de longues années en rouge et bleu.

 

 





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