– Supras
Auteuil 1991
– Boulogne Boys 1985
– Lutèce Falco
– Tigris Mystic
– Gavroches de Paris
– Rangers Paris
– Hoolicool
– Titi Fosi
– Authentiks
– Kriek Paris
– Unité Amok
– Parisii
Cette
décision est surprenante…
Ma responsabilité est engagée. Je
suis le premier responsable des résultats.
Je pourrais parler des blessures, des méformes,
non ! Je ne cherche pas d’excuses. Quand on gagne,
on est le roi du monde. Dans le cas contraire,
on se tait. On ne parle plus tactique ou fond
de jeu. Je pourrais évoquer le match à
Marseille. L’histoire est toujours racontée
par les vainqueurs. Moi, j’ai échoué.
Comment
analysez-vous votre échec ?
Je suis le premier supporter du PSG. Le maillot
rouge et bleu, c’est ma deuxième peau.
Cet état d’esprit m’a porté préjudice.
Il a des conséquences sur ma façon
d’être. Je respire le PSG. Alors, aujourd’hui,
je veux faire mon mea culpa. (NDLR : ses yeux
s’embrument, il regarde ailleurs et marque un
long silence) Je me suis laissé emporter,
j’ai commis des erreurs de fonctionnement. Je
ne pouvais pas réussir tout seul. Je m’en
croyais capable, aveuglé par mon amour
de Paris. Voilà, j’avais un rêve.
Vous
aviez voulu les pleins pouvoirs sportifs. Etait-ce
une erreur ?
Je voulais être entraîneur-manager
pour gérer tout le sportif. Je me suis
surimpliqué. J’ai pris tout à coeur
et j’ai perdu le recul nécessaire pour
agir avec lucidité. Que voulez-vous ? Quand
j’entre dans des toilettes sales, j’ai envie de
prendre un pinceau pour refaire la peinture moi-même.
J’ai oublié que sans l’argent, tu ne peux
rien. Lors de ma première venue au PSG,
j’ai signé et ensuite on m’a précisé
que le club était interdit de recrutement.
Cette fois, il y avait des restrictions budgétaires.
Il fallait simplement faire des économies.
Le
PSG venait de faire un investissement de 75 millions
d’euros (500 MF) en recrutant la génération
Anelka !
Ah, ça aurait pu être une bonne idée
! Mais on s’est trompé de stratégie.
Avec la morosité du marché qui s’annonçait,
une réflexion globale aurait été
nécessaire. Il aurait fallu construire
une structure solide, expérimentée,
avec des Letizi, Pochettino, Heinze, Déhu…
Ensuite, nous aurions pu lancer des jeunes. Si
vous lancez tous les jeunes ensemble dans le grand
bain, ils se noient.
« Moi,
la Ferrari, on me l’a livrée sans essence »
La revente des Anelka, Luccin ou Dalmat, a rapporté
de l’argent, non ?
Anelka, on l’a revendu 18 millions d’euros ! Vous
imaginez le trou ? Mais il fallait le vendre,
sinon on perdait tout. Je me suis battu pour faire
venir Almeyda et Nuno Gomes. Nous n’avions pas
les moyens de payer leurs salaires. Et j’ai pris
Cardetti pour zéro franc ! J’ai toujours
respecté l’équilibre financier précaire
du club. Pendant ce temps, Valence, Manchester,
la Juventus ont deux équipes d’internationaux.
Pourquoi
ne savez-vous pas gérer les stars ?
Nico, il ne voulait plus rester. Le divorce était
consommé avec les supporters, avec Paris,
avec la France. Il s’est trompé en revenant
au PSG. Il le sait. Tout le monde le sait.
Vous
n’avez guère su faire fructifier l’actif
joueurs…
On pourrait en discuter des heures. Ne cherchez
pas : le club est exsangue. Arrêtons de
rêver. Vous pouvez faire venir le meilleur
entraîneur du monde, il peut bosser 24 heures
sur 24, il est impossible de rivaliser avec les
grands d’Europe. Le PSG traverse une situation
critique. Son environnement économique
est défavorable à tous les étages.
Tout le monde connaît la situation… Le
football n’est plus la préoccupation du
moment. C’est logique.
Canal
+ vous avait-il choisi pour acheter la paix sociale
avec les supporters ?
Un bouclier entre Canal et les supporters ? Je
ne sais pas. La responsabilité de l’échec,
je l’assume. Les supporters en ont assez de ces
années sans titre. Paris, c’est une Ferrari.
Quand Jean Todt a repris l’écurie, il a
demandé un plan de sept ans, le meilleur
pilote et de l’argent. Moi, la Ferrari, on me
l’a livrée sans essence. Comme un fou,
j’ai cru que je gagnerais le Grand Prix en la
poussant avec mes bras.
On
ne parvient pas à croire à tant
de naïveté…
Le PSG, c’est mon rêve. A mon arrivée,
j’ai vu les maquettes du futur camp d’entraînement.
J’y ai cru. A Paris, il y a des idées mais
plus d’oseille. Donc, on ne le verra jamais. Lens
ou Sedan possèdent leurs installations,
Paris, non ! J’ai vu le centre de Houllier à
Liverpool, j’ai eu honte pour nous ! Xavier Couture
(NDLR : ex-président de Canal +) est venu
au camp des Loges. Je lui ai montré les
chambres et les vestiaires de nos stagiaires.
Je lui ai dit : « Xavier, tu laisserais
ton fils une journée dans ces conditions
? » Il a tourné la tête.
Pourquoi
n’avez-vous pas fait avancer le dossier en tant
que manager ?
On est prisonnier de la mairie de Saint-Germain,
des militaires. Ça me reste en travers
de la gorge. Ce problème d’infrastructure,
ça te mine toute la journée. Il
fallait quitter le camp des Loges. L’argent, on
aurait pu le trouver avant. Malheureusement, il
y a dix ans, des dirigeants ont investi dans des
clubs filiales, aujourd’hui disparus, plutôt
que de bâtir un vrai centre de formation.
Aujourd’hui, on récolterait les fruits
de ce travail de fond.
Quelle
est la nature de votre problème avec Ronaldinho
?
Ronaldinho ? J’ai bien entendu les instructions
du président. C’est l’actif numéro
1 du club. OK. Alors, tout le monde aurait dû
s’en occuper. Le môme, il a 20 ans, il est
champion du monde et se retrouve seul chez lui
! Et personne au club ne s’en occupe.
C’était
votre travail…
Alors, il fallait me le dire. Moi, le gamin,
je le prenais à mon domicile. Je lui faisais
une chambre et je restais 24 heures sur 24 avec
lui. Oh, je ne suis pas fou à me flinguer.
Avec Ronaldinho à 100 %, je suis champion
de France avec dix points d’avance. Le problème
? Entre son but contre Marseille (3-0) à
l’aller et son match génial au Vélodrome
dimanche, il a connu des hauts et des bas. Je
suis responsable de son travail quotidien, de
son amélioration et de sa valeur technique.
Mais je ne peux pas être tenu responsable
des à-côtés. Je n’étais
que son entraîneur. J’aurais dû être
aussi son papa et son psy.
C’était
peut-être votre rôle, en effet…
Mais lorsque Ronnie est champion du monde en juin
avec le Brésil, mon staff technique et
moi avons aussi notre part de responsabilité
! Il était resté six mois sans jouer.
Nous l’avons remis sur pied. Scolari (NDLR : sélectionneur
du Brésil) m’a remercié. Je n’ai
aucune leçon à recevoir sur la gestion
du cas Ronnie. Un jour, il fera comme Dalmat :
il dira : « Luis avait raison ». Dernière
précision : je ne suis pas un économiste
qui parle d’actifs, moi ! Je suis un technicien
qui raisonne en terme d’équipe, de collectif.
L’actif numéro 1 pour un entraîneur,
c’est le joueur qui te fait gagner un match. Voilà
pourquoi, j’ai tant soutenu Fabrice Fiorèse.
Comment
est né votre différend avec Ronaldinho
?
Vous l’avez écrit dans votre journal. Avant
le match contre Lens, lors de la mise au vert,
Ronnie n’a pas respecté le règlement
interne. Cinq joueurs le voient de leurs yeux.
Je décide de le suspendre contre Lens.
Ma hiérarchie me dissuade de le sanctionner,
je perds ma crédibilité. Dans le
regard des joueurs, je vois que je suis déconsidéré.
On perd 2-3. Dans les vestiaires, le président
félicite Ronaldinho.
« Perpère
est un homme honnête mais ce n’est qu’un
pion de Canal + » Comment ont réagi
les joueurs ?
Quand Llacer montre ses fesses, quand Leroy secoue
un journaliste, ils sont convoqués et sanctionnés.
C’est juste. Mais est-ce moins grave de briser
le règlement intérieur du groupe
? L’autorité doit s’appliquer à
tout le monde, sinon c’est mort. En Allemagne,
Ballack (NDLR : Bayern Munich) s’est permis de
critiquer une fois le jeu défensif de son
entraîneur. Il a pris 100 000 € d’amende.
Comment
jugez-vous votre président ?
Laurent Perpère est un homme honnête
mais ce n’est qu’un pion de Canal +. Il ne peut
rien décider seul. Il a été
placé là pour remplir un poste.
A mon arrivée, Pierre Lescure (NDLR : ex-PDG
de Canal +) m’a expliqué que je devais
lui apporter une légitimité dans
le milieu du football. Perpère est novice
dans le monde du ballon. Je n’ai pas d’animosité
envers lui. Je comprends l’homme, avec ses compétences
et ses limites. Toute la semaine, ses oreilles
sifflent.
Vous
lui en voulez d’avoir dit « Si je dois choisir
entre Ronaldinho et Fernandez, je choisis le joueur »
?
C’était dur à encaisser. Je me suis
senti abandonné, trahi. A cet instant,
je me suis retrouvé seul avec mes hommes
et deux dirigeants, Talar et Cayzac. Heureusement,
ils ne m’ont jamais lâché.
N’avez-vous
jamais connu de coup de fatigue ?
Après la victoire contre Lyon (2-0), le
4 décembre, j’avais le public et les supporters
derrière moi. Je me suis dit : « Je
vais prendre du recul jusqu’à la fin de
la saison. » Je voulais leur dire de prendre
un autre entraîneur. Et puis, je me suis
dit : « Ne quitte pas le navire. »
Comment
avez-vous vécu les « Fernandez démission »
contre Troyes ?
Le PSG est ma maison. Je respecte toutes les
associations. Je suis en osmose avec elles. Je
me félicite de leur multiplication. J’ai
connu le kop Boulogne lorsque j’étais joueur.
Il m’a vu grandir. Mais je veux simplement dire
à tous les supporters, d’Auteuil comme
de Boulogne, que seule leur union permettra la
survie de ce club. Leur union, leur passion, leur
fidélité, c’est leur force. J’ai
essayé de collaborer avec eux au sujet
des prix des abonnements ou de la couleur des
maillots. Là encore, je n’ai pas été
suivi par ma hiérarchie.
A
votre retour au PSG, vous aviez le soutien des
médias. Aujourd’hui, votre image est ternie…
Je reconnais, dans mes attitudes, dans ma
façon de parler, un côté excessif.
C’est mon tempérament. Face aux médias,
j’ai adopté une attitude défensive
et agressive. Si le PSG était agressé,
je me sentais blessé. Quand on touche à
ton fils, tu réagis d’instinct. C’est le
coeur qui parle. Cette attitude m’a rongé.
J’aurais dû prendre un directeur de la communication.
Là aussi, j’ai cru savoir faire seul.
En
parlant ainsi, à trois mois de la fin de
votre contrat, vous risquez d’être licencié
?
Je souhaiterais gagner un titre avant de partir,
offrir la Coupe de France au club. Et pour le
championnat, on va faire le maximum.
Comment
voyez-vous le PSG dans les années à
venir ?
Je n’en sais rien. Je lui souhaite longue vie.
Je tiens à rendre hommage à mes
joueurs pour m’avoir soutenu dans la construction
de ce qui était mon rêve. Ils m’ont
démontré des valeurs d’abnégation,
un état d’esprit irréprochable,
valeurs que j’ai toujours prônées
au cours de ma carrière.
Et
que devient ce Luis qui voulait construire le
grand PSG…
Je ne me reconnais plus dans le fonctionnement
actuel. Mais il ne faut jamais dire jamais. Peut-être
un jour, dans une nouvelle configuration, je reviendrai
dans mon club. Mais une chose est certaine : on
ne me verra plus jamais sur le banc de touche
du PSG.
Qu’allez-vous
faire la saison prochaine ?
Dieu seul le sait. Je ne serai peut-être
plus qu’un supporter du PSG. En attendant, je
vais acheter trois abonnements pour suivre les
matchs au Parc avec mes fils.
Comment voyez-vous le PSG � la fin de la saison ?
| Champion de France En Ligue des Champions En UEFA En Intertoto En crise Sans opinion… |
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| Vous avez une déclaration à faire… (Il se racle le fond de la gorge) Je ne serai plus l’entraîneur du PSG la saison prochaine. J’ai mal au coeur en prononçant cette phrase mais ma décision est mûrement réfléchie. Elle a été prise en concertation avec mon épouse, Audrey. Il faut avoir la force de reconnaître la situation d’échec. C’est mieux ainsi, pour le bien et l’intérêt du club. |
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