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Peut-on
imaginer Ronaldinho sans son éternel sourire
?

Jamais ! Et encore mois quand j’ai un ballon dans
les pieds. Je suis si heureux de jouer au foot
! Ma vie est un bonheur.

C’est
encore plus vrai sur le terrain…

Là, c’est un pur moment de plaisir, un
instant magique où le monde devient fantastique.

Que
représente le football pour toi ?

Tout ! Je vis pour lui. Je mange, je dors pour
lui. Je souffre, je travail pour lui. Donne-moi
un ballon et je devient le plus heureux des hommes.

Tu
aimes la magie ?

Oui, parce qu’elle te procure l’illusion de voyager,
d’entrer dans une autre dimension.

Penses-tu
être un magicien du ballon rond ?

Je ne peux pas dire cela. Moi, mon plaisir est
de jouer avec le ballon, de m’amuser avec à
la maison, en compagnie de mes amis, de faire
des choses différentes aussi. J’aime la
magie des autres footballeurs, les regarder évoluer,
tenter des gestes comme s’ils réalisaient
des vrais tours de prestidigitation. C’est beau
quand on réussit, d’un simple contact,
à faire passer le ballon là où
on l’a décidé. J’espère que
les gens éprouvent le même plaisir
en me voyant.

Malgré
les entraînements, les matchs, tu touches
encore le ballon à la maison !

Toujours, toujours, toujours ! Partout et tout
le temps. Gamin, je dribblais ma mère,
je faisais des une-deux avec mon père.
Aujourd’hui, dès que mon frère et
mon neveu sont avec moi, on tape dans la balle.
A la maison, même mes chaises sont des défenseurs
! Ma petite cousine qui habite avec moi a aussi
le droit à ses leçons.

C’est
le secret de la touche Ronaldinho ?

Oui. Enfin, ça l’explique en grande partie.
Grâce à eux, je perfectionne mes
dribbles. Créer des gestes, répéter
des mouvements, des contrôles, essayer des
feintes sans pression, avec, pour seul souci,
le plaisir : ce sont les garanties d’une progression.
Dès que je touche la balle, c’est pour
m’améliorer. Et cela, je préfère
le faire en m’amusant. Quand Romario quittait
un entraînement pour une partie de foot-volley,
il ne le faisait pas dans un autre but que celui
de progresser. Mais, il est vrai que, dans le
milieu professionnel, surtout en Europe, c’est
parfois difficile à faire passer.

Quelle
est l’importance de l’instinct dans tes gestes
?

Elle est déterminante. Je n’ai, en fait,
pas vraiment d’autre explication à mes
dribbles. A force de jouer, on connaît presque
toutes les situations possibles? Par rapport à
cela, à ces situations vécues ou
imaginées, on réagit instinctivement.
On tente un geste que l’on n’a jamais fait avant,
parce qu’on sait alors que c’est celui qui va
marcher. Le défenseur se présente
et, sur l’instant, on sait comment faire pour
l’éliminer.

Technique,
physique : c’est quand même une alchimie
difficile à réaliser.

Oui, parce qu’il faut penser plus loin. L’action
ne s’arrête pas sur ton geste. Un dribble
réussi, c’est quand il te permet de faire
une bonne passe derrière ou de marquer
un but. Quand tout fonctionne, c’est la joie.

Tu
testes tes gestes avant de les réaliser
en matchs ?

Comme pour toutes discipline, il te faut d’abord
la base technique. Après, c’est de l’improvisation.
Nous sommes comme des acteurs. Cous connaissons
tous notre texte et la différence se fait
sur la manière de le dire. Moi, je ne cesse
jamais de toucher le ballon, car je sais que,
quand la situation se présentera, je pourrais
placer des répliques, improviser aussi.
je peux commencer par un geste et finir par un
autre.

As-tu
l’impression de représenter ce que le public
aime ?

Je ne sais pas. Avant tout, le plus important
est d’aider l’équipe. Par mes qualités,
en faisant des passes, en inscrivant des buts,
en étant au marquage, en me replaçant
en défense, je donne tout pour elle. Après,
il se peut, par mon jeu, que le public m’apprécie.

Au
Parc des princes, cela semble évident.

Dans toutes situation, l’essentiel est de faire
de son mieux. pour mon équipe, mais aussi,
bien sûr, pour les spectateurs. Ils paient
pour voir nos matchs. Il ne faut pas oublier que
ce sont eux qui font ce que nous sommes, des footballeurs
heureux et aimés. Pour cela, je veux leur
donner de la joie.

C’est
la raison pour laquelle tu communique souvent
avec eux ?

Oui, parce qu’après un but, tu as besoin
d’exploser, de donner, de partager. C’est un moment
intense. Un but représente tant de sacrifices
et d’efforts que tu ne peux tout garder pour toi.
Toutes la semaine, toute l’année, tu travailles
pour marquer des buts… Le public est là
aussi pour voir tes buts. Il y a une communion.

Que
ressens-tu justement quand, à travers une
frappe ou une passe, tu atteins cet objectif ?

Une sensation de délivrance, une explosion
d’émotions. Tu es comblé. Après
des heures d’entraînement, d’imagination
individuelle et collective, d’un coup, tout s’imbrique,
tout fonctionne. L’instant est magique. Mais il
est aussi très éphémère.

Est-il
de plus en plus difficile pour un joueur technique
comme toi de s’exprimer sur un terrain ?

Non, je ne crois pas. Mais il faut évoluer
avec le football. Quelle que soit la période
à laquelle Pelé ou Maradona auraient
pu jouer, ils auraient eu la même importance
dans le football. Comme nous, ils auraient fait
des efforts physiques pour exprimer leur talent.
Dans le football, on a et on aura toujours besoin
de techniciens. Un Brésilien ne peut pas
dire autre chose. Les artistes font toujours la
différence. Maintenant, pour y parvenir,
il nous fait pouvoir courir aussi vite et aussi
longtemps que les autres.

Quelles
sont les personnes qui t’ont permis d’arriver
à ce niveau ?

J’ai eu la chance d’avoir un frère (Roberto
Assis, qui évolue cette saison à
Montpellier), mon idole, qui est joueur de foot.
Il a vécu beaucoup de chose et me prévenait
de ce qui allait m’arriver. Il m’a beaucoup facilité
les choses.

Quel
meilleur conseil t’a-t-il donné ?

Il y en a tant. Tous, dans un contexte précis,
ont compté. Dans chacun des moments de
ma vie, aussi bien spirituels que techniques,
difficiles ou joyeux, il était là
et me disait les choses. Il continue encore aujourd’hui.

A
quel moment t’es-tu senti digne de ta confiance
?

Peut-être maintenant. Mais ce sentiment
sera sûrement plus fort dans quelques années,
si je parviens au plus haut niveau.

Comment
es-tu devenu Ronaldinho, magicien du football
?

Progressivement. Comme pour beaucoup de Brésiliens,
je suis né avec un ballon et j’ai grandi
avec, jusqu’à devenir professionnel à
17 ans. Entraînement, travail, après,
tout est venu naturellement.

Percer
au Brésil n’est quand même pas si
évident…

Il n’y a pas qu’au Brésil qu’il existe
de jeune talents. Partout dans le monde, il est
difficile de se faire sa place. Quand tu te retrouves
à un endroit avec 100 personnes qui aspirent
toutes à devenir footballeur professionnel,
tu sais très bien que, pour être
l’élu, tu vas devoir te battre. A technique
égale, ce qui est souvent le cas au Brésil,
il n’y a alors qu’une recette : le travail.

C’est
ce qui a fait la différence ?

Oui, car grâce aux conseils de mon frère,
je me suis acharné. Même en dehors
des séances d’entraînement, sur le
terrain, sur la route qui conduisait au stade,
à la maison, dans mon lit, 24h/24 j’étais
branché foot.

De
quoi as-tu besoin pour t’exprimer complètement
?

Il me manque encore beaucoup de choses. A 21 ans,
je ne fais que commencer ma carrière. Après
seulement 5 années de professionnalisme,
j’ai encore besoin d’apprendre. Je sens que je
peux aller encore plus haut. Je crois en moi,
j’ai confiance en mes qualités footballistiques
pour gravir encore des échelons.

As-tu
trouvé, à Paris, les conditions
nécessaires à ton épanouissement
?

Bien sûr ! Même si, au départ,
ce n’était pas évident. Il n’est
pas facile de s’adapter à un nouveau pays,
une autre culture, une autre langue, une autre
vie, une autre manière de travailler. Mais
j’apprends beaucoup de vous. Après une
période d’acclimatation, tout commence
à rentrer dans l’ordre. Je me sens de mieux
en mieux, heureux d’être ici.

Es-tu
déjà à ton meilleur niveau
?

Pas encore ! Je commence à peine à
me « réaliser ». Il est sûr
que je vais encore rencontrer quelques difficultés.
A moi de les surpasser. J’ai une énorme
envie d’apprendre et de grandir.

Longtemps
éloigné des terrains en raison de
problèmes liés à ton transfert
à Paris, as-tu des regrets concernant ton
timide début de saison ?

On ne peut pas parler de regrets. Avant de venir,
j’avais prévu une phase d’adaptation. D’ailleurs,
elle se poursuit encore aujourd’hui. Mais c’est
vrai, ne pas jouer pendant 4 mois m’a empêché
de me livrer totalement tout de suite. Sans le
rythme de la compétition, il est encore
moins facile d’apprendre un autre Championnat,
un nouveau style de jeu.

Le
Ronaldinho d’aujourd’hui aurait-il pu permettre
à Nicolas Anelka de mieux s’exprimer au
PSG ?

Je crois que oui. Mais au début, je ne
jouais pas beaucoup, je n’avais pas les moyens
de mieux le servir. Cela dit, quoi qu’il se soit
passé, Nico reste un grand joueur, un grand
ami aussi que j’admire. Même quand cela
n’allait pas pour lui, il a toujours su se montrer
gentil avec moi. La vie du footballeur est ainsi
faite : un jour en haut, un autre en bas, un jour
ici, un autre là-bas. Et sincèrement,
j’espère rejouer avec lui.

Qu’as-tu
programmé pour la saison prochaine ?

De fait encore mieux ! Titre de Champion, Coupe
d’Europe… Maintenant que l’on a trouvé
un bon équilibre dans l’équipe,
avec un groupe de grande qualité, nous
pouvons viser des objectifs.

A
la fin de cette saison, il y a aussi et surtout
la Coupe du Monde. Ronaldinho en sera-t-il ?

C’est mon vœu le plus cher. Je brûle
d’envie de disputer cette Coupe du Monde. Chaque
jour qui passe, je travaille pour cela. Je dois
être au top pour avoir une chance de participer
et aider le Brésil.

A
quand remontent tes derniers contacts avec Luiz
Felipe Scolari, le sélectionneur national
?

Aux 2 derniers matchs éliminatoires auxquels
j’ai participé. Il a confiance en moi.
Sachez qu’il me connaît depuis longtemps,
puisqu’il a suivi ma progression quand j’étais
dans les équipes de Jeunes du Grêmio.
C’est même lui qui m’a fait passer chez
les Pros, puis appelé en sélection.
Cela renforce ma confiance d’être dans le
groupe des 23.

Comment
expliques-tu les difficultés rencontrées
par la Seleçao lors de cette phase éliminatoire
?

Mais ce n’est pas nouveau ! Le Brésil a
toujours connu des difficultés pour se
qualifier. Si on remonte au début des éliminatoires
mondiales, la Seleçao n’a connu un parcours
tranquille qu’en une ou deux occasions. Notre
sélection se qualifie souvent sur le dernier
match. Cela fait partie de notre histoire. Mais
au bout, il y a souvent un titre aussi. En Corée
du Sud et au Japon, les problèmes seront
loin derrière.

61
joueurs et 4 entraîneurs pour un qualification,
ça fait beaucoup quand même…

Durant ces éliminatoires, on a peut-être
manqué un peu de stabilité. Mais,
en fait, pour tout le monde, je crois que l’ossature
de l’équipe existe, même si le Brésil
possède un énorme potentiel de bons
joueurs. Le côté positif, c’est que
ces matchs auront permis une vaste revue d’effectif.
La concurrence est bonne pour progresser, elle
permet de te dépasser. Mais en juin prochain,
le groupe serai constitué de 23 joueurs
qui, tous, n’auront plus qu’un objectif : gagner
la Coupe du Monde. Et tous les « écartés »
seront alors derrière ce groupe.

Depuis
la finale de juillet 1998, existe-t-il un syndrome »équipe
de France » ?

Non. Même notre finale victorieuse en 1994
a été effacée de nos mémoires.
Tout cela est du passé. Au foot, seule
la vérité du jour compte. Et là,
il nous faut vivre pour la prochaine Coupe du
Monde. Tout notre esprit est tourné vers
elle, loin des bons souvenirs de 94 ou du mauvais
de 98. Dans toutes nos fêtes, il n’existe
plus que la victoire à cette Coupe de Monde
2002.


étais-tu, toi, le 12 juillet 1998 ?

A Porto Alegre où je regardais la finale
de la Coupe du Monde sur mon téléviseur.
Et même loin d’eux, je sentais qu’ils se
passait quelque chose, qu’il existait un climat
négatif autour de la Seleçao. Mais
seuls ceux qui appartenaient à ce groupe
peuvent en parler.

Tu
as apprécié les 2 coups de tête
du magicien Zizou ?

Sûrement pas à leur juste valeur.
Ce jour-là, il aurait pu réaliser
le plus beau dribble du monde, je ne l’aurais
pas aimé.

Sinon,
est-ce le genre de joueur que tu aimes ?

Il ne peut être autrement. Quand un joueur
atteint un tel niveau technique, on ne peut que
l’admirer, le regarder avec amour. Mais s’il y
a Zidane, il y a aussi Thierry Henry, Partick
Vieira, Lilian Thuram… La France possède
de grands joueurs, mais aussi une très
grande équipe.

C’est
le favori du Mondial ?

Sûrement ! La France est le Champion en
titre et elle a encore progressé. Mais
un statut de favori, ne suffit pas toujours pour
gagner. Après, il faut assumer.

On
a l’impression que l’Argentine et les Bleus ont
surplané la Seleçao ?

Seule la vérité du terrain compte…
Habituellement, nous sommes les grands favoris.
En juin prochain, ce sera au tour de la France
et de l’Argentine. Tant mieux, la Seleçao
sera plus tranquille. Une pression moins forte
peut s’avérer bénéfique pour
être Champion du Monde.

Au
Brésil, on en est encore à réclamer
le « Ro-Ro », le duo Ronaldo-Romario,
à la pointe de l’attaque…

Parce que les supporters se disent peut-être
qu’avec ce duo les choses auraient pu être
différentes. Leur réaction est normale,
ce sont 2 très grands joueurs. Romario
continue à évoluer à un très
haut niveau et Ronaldo a démontré
dernièrement qu’il était encore
le grand Ronaldo. C’est très bien comme
ça, mais ce n’est pas à moi de dire
qui doit aller en sélection et qui doit
jouer.

Avec
lequel des 2 te sens-tu plus à l’aise ?

L’idéal pour moi ce serait le « Ro-Ro-Ro ».
Ronaldo-Romario-Ronaldinho sur le même terrain;
ce serait beau, non ? De toute façon, vu
leur qualités, il n’est pas difficile de
jouer avec l’un comme l’autre.

Avec
Rivaldo derrière ?

Là, on est presque dans le domaine du rêve.
Mais le terrain, malheureusement, à d’autres
réalités. Le Brésil à
la chance de posséder un immense vivier
de très grands joueurs et la concurrence
y est forcément rude.

Si
tu avais un tour de magie à réaliser,
quel serait-il ?

Là, il n’est pas question de magie. Je
remercierais simplement Dieu pour ce que je suis
aujourd’hui, de m’avoir offert une famille merveilleuse
et la possibilité d’exercer le métier
que j’aime. Je n’ai pas grand chose à demander
de plus ni à transformer. Je veux juste
le remercier pour ma santé, pour celle
de mes proches, pour tous.

Et
brandir la prochaine Coupe du Monde ?

Évidemment ! C’est le rêve de tout
joueur et c’est aussi le mien. Participer, gagner
et être Champion du Monde… A moi d’en
faire un réalité.

Comment voyez-vous le PSG � la fin de la saison ?

Champion de France
En Ligue des Champions
En UEFA
En Intertoto
En crise
Sans opinion…

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RONALDINHO>
Ronaldinho
est un ange ou un démon ?

Je suis un ange. Je crois en Dieu, je ne veux pas
entendre parler du démon. Maintenant, sur
le terrain, si j’apparais pour un démon aux
yeux de mes adversaires, c’est plutôt bon
signe.